L'éducation pour tous
Dix ans ont passé depuis que la communauté internationale a adopté les six objectifs de l'éducation pour tous. Le mouvement, qui avait été lancé en 1990 lors de la conférence mondiale sur l'éducation pour tous, a en effet connu son apogée en 2000, lors du forum mondial sur l'éducation à Dakar. C'est à cette occasion que fût adopté le Cadre d'action de Dakar "l'éducation pour tous : tenir nos engagements collectifs". Ce document engage les États à réaliser les objectifs d'une éducation de base de qualité pour tous. Il insiste en particulier sur la scolarisation des filles et enferme la promesse de pays et d'organismes donateurs qu'"aucun pays qui a pris un engagement sérieux en faveur de l'éducation de base ne verra ses efforts contrariés par le manque de ressources". Depuis cette date, des États, des ONG, la société civile, des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux et les médias ont donc fait de leur préoccupation de dispenser une éducation de base à tous, enfants, jeunes et adultes.
Avant toute chose, rappelons les grands principes qui ont été défini lors du Forum mondial à Dakar en 2000. Le cadre d'action contient six objectifs à atteindre d'ici 2015 :
- Développer la protection et l'éducation de la petite enfance
- Rendre l'enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous
- Développer l'apprentissage et les savoir-faire auprès des jeunes et des adultes
- Accroître de 50% le taux d'alphabétisation des adultes
- Atteindre la parité entre les sexes d'ici à 2005 et l'égalité d'ici à 2015
- Améliorer la qualité de l'éducation

Taux d'alphabétisation dans le monde en 1999
Le bilan de ce qui a été réalisé depuis lors est mitigé. Si beaucoup a été fait au cours de cette décennie, nombre des pays les plus pauvres du monde risquent de ne pas atteindre les objectifs fixés pour 2015. Il reste aujourd'hui encore 72 millions d'enfants exclus de l'école. 70% d'entre eux vivent en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud et de l'Ouest.
L'absence d'efforts pour atteindre les marginalisés a privé de nombreux individus de leur droit à l'éducation. Alors que les effets de la crise économique mondiale continuent de se faire ressentir, il y a un réel danger qu'une grande partie des progrès accomplis ces dix dernières années soient stoppés ou anéantis. L'éducation est en péril et il faut que les pays élaborent des approches plus inclusives, liées à des stratégies plus générales de protection des catégories de la population vulnérables et de lutte contre l'inégalité.

Alphabétisation des femmes adultes en 2003
Le 1er avril dernier, Solidarité Laïque a lancé avec l'UNESCO l'édition française du rapport de suivi sur l'éducation pour tous 2010 : "Atteindre les marginalisés".
Téléchargez ici le Résumé du rapport mondial de suivi sur l'EPT
Le Droit de Lire et ses actions à l'international
Les problèmes de pauvreté, d'insécurité (qu'elle soit alimentaire ou sanitaire), de déforestation, d'inégalité des sexes, de réfugiés climatiques et d'immigration ont tous un dénominateur commun et sont intimement liés au manque d'une éducation de base. Il y a 11 ans, la communauté internationale s'est engagée à ce que cette dernière soit un droit pour tous et s'est engagée à ce que tout le monde y est accès. Aujourd'hui, et à moins de 5 ans de la date "butoir" nous sommes bien loin des objectifs fixés. Conscients des enjeux que représente l'éducation à la lecture et l'écriture pour le développement économique et social d'un pays, l'association Le Droit de Lire souhaite également développer des actions de prévention concrètes sur le terrain.
La planète des alphas a été reconnue par l'UNESCO. L'organisation l'a également présentée officielllement à la presse et intégrée à divers programmes d'alphabétisation. En 2000, l'UNESCO, en collaboration avec le PNUD (programme des Nations Unis pour le développement), a mis sur pied un programme conjoint avec le gouvernement malgache ayant pour but de promouvoir l'éducation de base pour tous les enfants de la région. La méthode La planète des alphas, adaptée en langue malgache constituait dans l'absolu l'une des quatres interventions du programme ou actions et en particulier une des deux actions prévues pour la réinsertion des jeunes déscolarisés.
Le rapport rendu à mi-parcours, relève que 66,7% des apprenants ont démontré leur capacité à lire et 37,5% à un niveau élevé. Cette réussite est la preuve de l'efficacité de la méthode sur les enfants analphabètes et non scolarisés. Pour finir, la rapport de l'UNESCO conclu en ces termes : "Compte tenu du constat général très positif de cette évaluation à mi-parcours, l'UNESCO encourage un dialogue sur la partage de ces expériences, avec d'autres pays, y compris de contextes différents, qui lutte également, activement contre la pauvreté."
Aujourd'hui, l'association Le Droit de Lire, consciente de l'efficacité de la méthode compte développer des actions dans les pays en voie de développement. Un programme d'alphabétisation au Maroc, en partenariat avec le ministère de l'éducation, est actuellement en cours de réalisation.
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