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Avant de nous retrouver au Bénin au fond d'un petit village de brousse ...

... Nous formions déjà un groupe de 4 lycéennes et d'un ami animateur dont Lola, Laëtitia, Mathilde, Nadège et Loïc.

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C'est à force de discussions, que nous nous sommes rejoints dans une pensée et envie commune. Celle du goût de découvrir et le souhait d'échanger, ensemble et peut-être ailleurs. Ce fût un point de départ propice pour démarrer un projet au profil humanitaire. En effet, pourquoi ne pas partir sur place, vivre et voir de nos propres yeux?

Pour ce faire, il s'ensuit l'approche de quelques personnes clés. Sans qui ce voyage aurait été très différent et à mon avis, sans doute moins fort. La création de cette histoire collective s'est faite en plusieurs étapes : Elle démarre grâce à l'aide d'une poignée d’humains impliquées quotidiennement dans l’associatif et l'humanitaire. À l’inverse de notre statut volontaire où nous ne connaissons que les dires du milieu. Loïc nous aide en général comme médiateur pour contacter les associations. Par ce biais, nous rencontrons Gérard Gangbes dixit "Gégé", un personnage autant haut en couleurs qu'auto-entrepreneur. Mais il est surtout président de l'association N.E.E.F.A : "Nouvelle Ère de l’Enfant et de la Femme Africaine" qui agit activement au Bénin et avec laquelle nous allons partir. Très présent dans et originaire de ce pays, il lui est familier. Sa présence nous facilitera l’accès au pays et envers la population d'une manière assez conséquente.

Nous participons à de nombreuses réunions afin de préparer l'organisation du voyage avec les actions à entreprendre. Il s'agit de partir pendant quelques jours dans le village d'Abomey, au centre du Bénin en collectant du matériel scolaire pour leur école primaire (Action que continue la N.E.E.F.A chaque année via des conteneurs). Nous y arrivons en prenant part à "la quinzaine du commerce équitable" se déroulant à St Jorioz : Une conférence ouverte au public, réunissant plusieurs associations. À cet endroit, il nous est donné les premiers lots de matériel.

Les proches contribuent aussi à la collecte, comme la mère de Mathilde, professeur des écoles qui a la possibilité de nous offrir de nombreux livres et outils. De son coté, Gégé contribue à quelques piles de livres supplémentaires. Nous voilà parés, sac en soute rempli et bouclé, pour amener le matériel sur place.

abomey-2Mais à ce stade, nous voulons nous impliquer d'avantage. Nous trouvons Meryl, pionnière de l'association "Le Droit de Lire". Une jeune femme dont l'attention et l'envie de faire bouger les choses ne peut que vous rendre attentif. Elle nous parle de son souhait de repousser les murs, ouvrir les frontières de l'association et de s'investir sur de nouveaux projets, dont le nôtre. Sachant que le taux d'alphabétisation au Bénin, atteint encore seulement les 40%. Nous ne voulions pas non plus partir sans créer de lien durable avec la population. Même si construire des structures est important, nous nous voyions d'avantage dans un milieu social comme l'éducation, principe important à nos yeux. Nous décidons de la suivre. Elle nous forme sur la méthode La planète des alphas que vous connaissez et nous met à disposition le matériel nécessaire.

Quelques semaines plus tard, nous décollons enfin.

Comme nous l'a expliqué Gégé, le but du voyage est aussi de prendre du temps pour nous et découvrir le pays dans son ensemble. Nous partons donc plus longtemps où nous parcourons le pays "de la tête aux pieds". Le dépaysement exercé est total.

À l'arrivée, nous sommes accueillis comme des rois par celui d'Abomey ! Une farandole d'enfants sautillent à notre vue et venue. Plus tard, ils nous offrent une généreuse cérémonie d'accueil. Ils remplacent les objets qu'ils n'ont pas par des danses, des chants, des discours de remerciements ainsi qu'un repas local. Nous pouvons déjà apercevoir les enfants avec lesquels nous allons travailler. Nous avons la chance de loger à la demeure du Dah ("roi" en fon) qui s'occupe d'organiser une partie de notre séjour quant aux cours que nous devons donner.

JOUR I

Nous œuvrons dans une ancienne basilique en forme de lézard, immense et déconcertante. À notre grande surprise les enfants sont déjà présents, assis sagement derrière leur pupitre. Ils nous chantent la bienvenue. Les paires d'yeux qui nous scrutent intimidés... Nous nous présentons à eux et leurs expliquons la raison de notre présence. Il est temps de commencer : Nous choisissons de scinder le groupe des 20 enfants en 2. Laëtitia & moi entourons un groupe d'enfants de 6 à 8 ans, pendant que Lola & Mathilde se retrouvent avec un groupe un peu plus âgé.

La compréhension n'est pas évidente puisque ici, les enfants ont l'habitude de parler fon entre eux. Bien qu'ils comprennent le français, il faut parler lentement et distinctement. Pour conter l'histoire des Alphas, la présence d'une traductrice (femme du village) est nécessaire. Le bémol de la lecture sera de n'avoir pas bien préparé la traductrice avant, qui hésite un peu pendant la lecture.

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La première lecture se fait sous le silence des enfants, à l'écoute. L'une lit l'histoire et l'autre anime les personnages, et changement de rôle le lendemain. Ensuite nous revenons dans à l'intérieur pour les ateliers pratiques. Tous les exercices ne seront pas appliqués puisque la compréhension n'a pas été optimale. Ce qui ne nous empêche pas de faire de la pâte à sel. C'est une découverte pour eux, car ils ne connaissent pas cette pratique-là. Ils sont plutôt consciencieux et depuis le départ, intéressés et trop polis ! Chacun se met à la tâche, à son rythme. Ils choisissent leur alpha préféré en se prêtant au jeu. Nous avons l'aide de quelques adultes qui nous aide à les encadrer. Ils ne nous parlent qu'avec une grande timidité puisqu'ils n'ont pas l'habitude d'être au centre des attentions et qu'ils ne nous connaissent encore que très peu. Pourtant, la bonne ambiance règne et nous voyons qu'ils font le meilleur d'eux.

L'atelier se déroule donc avec succès jusqu'à sa fin puisqu'ils sont assez fiers d'eux en nous remettant leur personnage une fois fabriqué.

JOUR II

Nous revenons le lendemain. Grand étonnement général, le nombre d’élèves a doublé. C’est la preuve que la curiosité est présente, ce qui ne peut que nous motiver d’avantage.

Là où la veille, les enfants restaient silencieux, un peu trop d’ailleurs, aujourd’hui les inquiétudes sont levées. C’est au cours de la 2ème lecture du conte  que nous savons que nous avons gagné leur attention et leur confiance. Leur participation devient enjouée et fréquente. En effet, à chaque vue des personnages sur les pages, les petits les plus réactifs lèvent la main pour héler leur nom. Il est difficile de garder son sérieux devant tant d’entrain. Toujours présents dans chaque groupe d’enfants, les plus avancées sont des initiateurs qui entraînent les plus timides.

Cette fois-ci nous pouvons utiliser les devinettes décrites dans le manuel du suivi de la formation. Ceux qui consistent à retrouver chaque lettre.

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Plus tard nous remettons aux enfants, leur pâte à sel cuite et prête à être peinte. Cette fois encore, c’est une surprise pour eux. Nous leur apprenons à faire de la peinture, à utiliser un pinceau et à commencer à mélanger les couleurs. Comme d’habitude, aucun gâchis. Pour leur âge ils sont déjà très respectueux des choses et ont bien conscience de la chance qu’il leur est offert. C’est agréable d’avancer avec des enfants très bien élevés. Nous ne voyons pas le temps passer. Chacune de nous aide quand certains rencontrent quelques difficultés.

Les photocopies d’activités servent finalement a du coloriage. Ils n’ont pas pu assimiler l’ensemble de l’histoire, c’est pourquoi nous choisissons la facilité. Ce qui occupe bien les petits. On voit tout de suite les caractères se profiler pour chacun, des plus minutieux, coquets au plus franchouillards. Ils ont l’air de bien s’amuser. Par leur empressement, nous devenons vite à court de feuilles..C’est avec un léger pincement au cœur que l’atelier est mis à terme. Il est temps de les quitter au moment où nous commencions à communiquer plus facilement. Pourtant nous savons qu’eux comme nous avons laissé une trace dans cette aventure.

Désormais, nous savons quelles modifications porter au texte de l'histoire ainsi qu'à la manière de se comporter avec les enfants. Il nous faut changer quelques termes afin qu'elle soit viable et adaptée à une autre culture. Pendant cette expérience nous avons senti les élèves très désireux d'apprendre. C'est pourquoi nous pouvons espérer à un aboutissement du projet. Pendant cet atelier nous pouvons regretter l'absence du professeur.

Entre temps, nous sommes allés à Fidjorosse visiter le centre de documentation et d’éducation des jeunes construit par la N.E.E.F.A et ses bénévoles. Il est dirigé par Ange Grimaud Da Silva.

Ange est un intermédiaire détenant un pied à terre au Bénin. Il tient donc une place important dans l'association et pour le prolongement du projet. Dans ce même but, nous nous entretiendrons également avec Mme Eléonore Ahamide et Rachel, les directrices de 2 écoles maternelles (Houéyho et Exdamistor). Ecoles qui sont implantées à Cotonou et en relation avec la N.E.E.F.A depuis déjà 5ans. Ce, afin de fixer la méthode dans leur école, cette fois-ci totalement adaptée à leur cursus scolaire. Au bilan de cette aventure, nous pouvons espérer une application du projet à long terme, plutôt prometteur au sein de cette école du Bénin et dans les deux autres. Il y aura un accès à la méthode pour tous les enseignants demandeurs. On compte sur d'autres opportunités mais chaque chose en son temps...

CN

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  Samedi 19 mai 2012
 
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